EMDR / RITMO : apaiser un traumatisme chez l’adulte et l’enfant
EMDR et RITMO : comprendre, apaiser, retraiter un traumatisme (adultes et enfants)
L’EMDR et le RITMO sont deux approches de retraitement du traumatisme et des souvenirs douloureux. Elles visent un objectif central : aider le cerveau et le système nerveux à “digérer” une expérience restée bloquée, pour que le souvenir perde sa charge émotionnelle et que les déclencheurs du quotidien cessent de provoquer des réactions de stress disproportionnées.
Sur cette page, vous trouverez une explication claire :
- des différences entre EMDR et RITMO (elles sont souvent minimes du point de vue du patient),
- de comment ça fonctionne,
- de ce que cela permet d’obtenir,
- du nombre de séances le plus fréquemment observé,
- et de pourquoi c’est aussi adapté aux enfants (avec des aménagements spécifiques).
Important : RITMO ne remplace pas un avis médical. En cas d’urgence, d’idées suicidaires, de violences actuelles ou de danger, il est indispensable de contacter les services d’urgence ou un professionnel de santé.
EMDR et RITMO : quelles différences ?
Ce qui est commun (le plus important)
EMDR et RITMO reposent sur un même mécanisme clé : la stimulation bilatérale alternée (SBA). Elle peut prendre la forme de :
- mouvements oculaires guidés,
- stimulations tactiles alternées (tapotements sur les mains/épaules/genoux),
- ou stimulations auditives alternées.
Le but est de faciliter le retraitement adaptatif d’un souvenir : le cerveau relie l’événement à de nouvelles informations (sécurité actuelle, ressources, compréhension, recul), ce qui réduit progressivement la charge émotionnelle et les réactions corporelles.
La nuance principale
- EMDR est une méthode très connue, historiquement développée dans un cadre psychothérapeutique avec un protocole largement standardisé.
- RITMO (Retraitement de l’Information Traumatique par les Mouvements Oculaires) est une adaptation très proche sur le fond, souvent intégrée à des approches brèves et orientées ressources, avec des protocoles comparables.
Dans la pratique, pour la plupart des personnes, la différence ressentie entre EMDR et RITMO est faible : ce qui fait la qualité du travail, c’est surtout la sécurité du cadre, le dosage, le choix des cibles, et l’accompagnement.
Comment fonctionne l’EMDR/RITMO ?
Après un choc, une peur intense ou une expérience douloureuse, le cerveau peut ne pas réussir à “classer” l’information correctement. Le souvenir reste alors associé à :
- une émotion vive (peur, honte, colère, tristesse),
- des sensations corporelles (oppression, nœud au ventre, tremblements, tension),
- et des croyances négatives (ex. “je suis en danger”, “je ne suis pas capable”, “c’est ma faute”).
Avec l’EMDR /RITMO, on travaille à partir d’un souvenir cible (ou d’une scène précise), tout en utilisant la stimulation bilatérale alternée pour aider le système nerveux à :
- désensibiliser la charge émotionnelle,
- mettre à jour le souvenir (différencier “avant” et “maintenant”),
- intégrer une perception plus stable et plus juste (“c’est terminé”, “je suis en sécurité”, “j’ai des ressources”).
Résultat attendu : le souvenir reste présent, mais il devient neutre ou beaucoup moins activant, et les déclencheurs perdent leur pouvoir.
Que permet l’EMDR /RITMO concrètement ?
- diminuer les flashbacks, cauchemars, ruminations,
- réduire les réactions d’alerte (hypervigilance, sursaut, irritabilité),
- apaiser les symptômes anxieux liés à un souvenir (peur, panique, évitement),
- améliorer le sommeil et la concentration,
- travailler des blessures relationnelles (humiliation, harcèlement, rejet),
- restaurer l’estime de soi lorsque le traumatisme a laissé des croyances limitantes.
L’objectif n’est pas “d’oublier”, mais de retrouver une liberté émotionnelle : ne plus revivre l’événement comme s’il se produisait encore.
Dans quels cas l’EMDR / RITMO est indiqué ?
- un événement marquant (accident, agression, choc médical, violence, deuil),
- des symptômes persistants (angoisses, évitement, cauchemars, réactions corporelles),
- une impression de blocage malgré la compréhension “rationnelle” (on sait que c’est fini, mais le corps réagit encore).
Exemples fréquents :
- trauma “simple” : un événement unique clairement identifié,
- peurs ancrées : phobies, peur de conduire après accident, peur de dormir après une frayeur,
- harcèlement scolaire/professionnel et humiliations,
- séparations, deuil compliqué, scène d’annonce choc,
- anxiété déclenchée par une scène précise (examen, prise de parole, échec marquant).
Combien de séances faut-il ?
Il n’existe pas de durée unique : tout dépend du type de traumatisme, de l’histoire personnelle, et du niveau de stabilité émotionnelle.
Repères pratiques (fréquemment observés)
- Traumatisme ponctuel (événement unique) : souvent 1 à 6 séances de retraitement (après une phase de préparation).
- Traumas multiples / trauma complexe : accompagnement plus progressif, sur plusieurs semaines à plusieurs mois, avec alternance entre stabilisation, retraitement et intégration.
Un accompagnement sérieux inclut presque toujours une phase de préparation (régulation émotionnelle, sécurité intérieure, “fenêtre de tolérance”) pour éviter de “déborder” pendant le retraitement.
Comment se déroule une séance EMDR / RITMO ?
Même si chaque accompagnement est personnalisé, on retrouve généralement :
1) Évaluation et cadrage
- compréhension de la demande,
- repérage des déclencheurs,
- choix des souvenirs cibles,
- vérification des contre-indications et du niveau de sécurité.
2) Préparation / stabilisation
- outils de retour au calme (respiration, ancrage, lieu sûr),
- techniques de régulation émotionnelle adaptées,
- stratégie de dosage (aller à la bonne intensité, au bon rythme).
3) Retraitement
- stimulation bilatérale alternée,
- observation guidée de ce qui vient (pensées, émotions, sensations),
- diminution progressive de la charge, puis installation d’une perception plus apaisée.
4) Intégration
- consolidation des acquis,
- prévention des rechutes,
- plan d’auto-régulation entre les séances.
Pourquoi l’EMDR / RITMO est pertinent aussi pour les enfants ?
Les enfants peuvent être très impactés par des événements qui semblent “petits” aux adultes : une séparation, une hospitalisation, une peur nocturne, un accident, du harcèlement, une scène de violence vue ou vécue.
Ce que l’on observe souvent chez l’enfant
- cauchemars, réveils, peurs soudaines,
- crises, irritabilité, colère,
- régression (pipi au lit, besoin d’être collé),
- évitements (école, sommeil, séparation),
- plaintes corporelles liées au stress (maux de ventre, tensions).
Les adaptations indispensables
Avec les enfants, on utilise un cadre plus ludique et plus concret :
- sessions plus courtes,
- supports (dessin, échelles simples, métaphores),
- stimulation bilatérale via taps doux, jeux droite/gauche, mouvements oculaires très brefs,
- implication des parents selon les besoins (routines, co-régulation, sécurité à la maison).
L’objectif reste identique : permettre au système nerveux de revenir à un état de sécurité et de stabilité.
EMDR / RITMO : précautions et contre-indications
Un bon accompagnement implique de ne pas retraiter “à tout prix”. On peut reporter ou adapter le retraitement si :
- la personne est en danger actuel (violences en cours),
- il existe une instabilité émotionnelle majeure,
- il y a une dissociation importante non contenue,
- ou si un suivi médical/psychiatrique est nécessaire en parallèle.
La priorité est toujours : sécurité, stabilité, puis retraitement.
Prendre rendez-vous
Vous souhaitez savoir si RITMO est adapté à votre situation (ou à celle de votre enfant) ? Je vous propose un premier échange pour évaluer la demande, définir les objectifs, et construire un plan d’accompagnement.
- Consultations : cabinet (Beauvais / Neuilly-sur-Seine) et visio selon indication
- Prise de rendez-vous : [Lien Calendly / Page RDV]
FAQ
EMDR et RITMO, est-ce la même chose ?
Ce sont deux approches très proches, basées sur la stimulation bilatérale alternée. Elles visent toutes deux à retraiter un souvenir douloureux pour en diminuer l’impact émotionnel et corporel.
Combien de séances EMDR/RITMO faut-il ?
Pour un événement unique, on observe souvent de 1 à 6 séances de retraitement après préparation. Pour des traumas multiples ou une histoire complexe, l’accompagnement peut s’étendre sur plusieurs semaines à plusieurs mois.
Est-ce que l’EMDR/RITMO fonctionne pour l’anxiété ?
Oui, lorsque l’anxiété est liée à un souvenir source, à des déclencheurs identifiables, ou à un apprentissage émotionnel resté “bloqué”. Un bilan initial permet de vérifier l’indication.
Peut-on faire de l’EMDR/RITMO avec un enfant ?
Oui, avec des adaptations (durée, supports ludiques, dosage). Le travail vise à apaiser les peurs, cauchemars, évitements ou réactions de stress liés à un événement ou à une période difficile.
À partir de quel âge peut-on proposer l’EMDR/RITMO ?
Il n’y a pas d’âge universel : cela dépend de la maturité de l’enfant, de sa capacité à se réguler, et du type de stimulation utilisée. Les protocoles peuvent être adaptés pour les enfants, avec un cadre sécurisant.
Est-ce que c’est douloureux de “revivre” le traumatisme ?
L’objectif n’est pas de revivre, mais de retraiter avec un dosage sécurisé. La préparation et la stabilisation sont essentielles pour éviter le débordement émotionnel.
Y a-t-il des contre-indications ?
Certaines situations nécessitent d’abord stabilisation, suivi médical ou coordination. Un entretien préalable permet de vérifier la sécurité et l’indication.
